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4 Resultats du rapport d'inventaire

4.1         Structure de la forêt

Le relevé des strates de végétation et des pistes forestières au cours de la collecte des données permet de répartir l’espace forestier étudié selon l’occupation du sol observée.

4.1.1        Surface exploitée

Le repérage des différentes pistes d’exploitation, et des zones exploitées puis leur cartographie à l’aide du SIG a permis de mettre en évidence une exploitation illégale d’environ 21 750 ha dans l’UFA 10 030.

Le relevé d’indices d’exploitation dans les parcelles échantillons a permis d’identifier celles qui ont été affectées au cours des opérations d’exploitation, et de réajuster ainsi les limites de la zone ayant fait l’objet de l’exploitation forestière illégale.

Le plan de sondage mis en place couvre une superficie de 22 300 ha avec 361 parcelles échantillons. Dans cette surface une zone définie comme exploitée a été délimitée en considérant l’étendue dans laquelle des signes d’exploitation ont été découverts. Cette zone de 11 785 ha comporte des parcelles non exploitées, incluses dans les zones exploitées. Il s’agit de zones humides ou de zones dans lesquelles aucun prélèvement n’a eu lieu par oubli ou du fait que les arbres présents étaient sans intérêt.

4.1.2        Strates forestières

Selon la planimétrie et les affectations retenues pour la compilation des données du sondage, on distingue deux catégories de terrains dans le massif inventorié:

  • les terrains boisés qui se présentent comme des forêts claires (FOC) ayant connues des activités anthropiques, avec quelques pieds d’arbres parsemés sur sol ferme ;
  • les terrains forestiers comprenant des forêts primaires, secondaires et marécageuses.

La forêt primaire dans ce massif dense humide semi-cadicifoliée et accessible, est caractérisée par une forte densité de Mansonia et Entandrophragma, avec des trouées par endroit de la canopée. L’origine de ces trouées a permis de distinguer deux entités forestières de type primaire : la forêt primaire à chablis partiels (DHC (ME) CHP AC b), en cas de trouées dues aux aléas climatiques ; et la forêt primaire à coupe partielle (DHC (ME) CP AC b), dans le cas des trouées dues à l’exploitation.

La forêt secondaire est représentée par des poches de peuplement jeunes, accessibles et marquées par endroit de trouées naturelles (SJ CHP AC b).

La forêt marécageuse est en fait l’ensemble des sols hydromorphes bordant les lits des cours d’eau. Les palmiers raphia (MRA) constituent le peuplement dominant.

La table de contenance présentée au tableau 1 indique par catégorie de terrain la distribution des superficies dans la zone inventoriée.

Tableau 1: Contenance de la portion inventoriée de l’UFA 10030

Strate

Affectation

Zone inventoriée

Zone exploitée

Nombre de parcelles

Superficie (ha)

% sup.

totale

Nombre de parcelles

Superficie (ha)

% sup.

totale

Terrains boisés

   

FOC

AGF

4

247,00

1,11

-

-

-

Primaire

   

DHC (ME) CHP AC b

FOR

155

9 575

42,94

70

5061

42,95

DHC (ME) CP AC b

FOR

165

10 193

45,71

78

5639

47,85

Secondaire

   

SJ CHP AC b

FOR

3

185

0,83

-

-

-

Sol hydromorphe

   

MRA

INP

34

2 100

9,42

15

1085

9,20

     

TOTAL

 

361

22 300

100

163

11785

100

Les terrains forestiers représentent au total 98,9 % de la superficie inventoriée, dont 95,2 % de terrain exploitable et 4,8 % de sols hydromorphes impropres à l’exploitation. La distribution des superficies dans la zone exploitée montre des proportions similaires avec 9,20 % de terrain marécageux et 90,8 % de terrain exploitable.

4.2         Taux de sondage

Le tableau suivant présente les statistiques relatives à la distribution des parcelles échantillons dans la zone inventoriée.

Tableau 2 : Répartition des parcelles échantillons dans la zone inventoriée

Layons

Zone exploitée

Zone non exploitée

Total

Parcelles touchées

Parcelles intactes

Sous/total

Layons 1

05

25

30

35

65

Layons 2

22

29

51

10

61

Layons 3

34

33

67

06

73

Layons 4

18

24

42

40

82

Layons 5

00

00

00

80

80

Total

79

111

190

171

361

Le taux de sondage pratiqué dans chacune de ces zones au cours du sondage se déduit à partir du nombre de parcelles échantillons inventoriées, comme présenté dans le tableau 3.

Tableau 3 : Intensité de sondage dans les différents secteurs de la zone inventoriée.

 

Zone inventoriée

Zone exploitée

Zone non exploitée

Parcelles touchées

Parcelles intactes

Total

Surface totale (ha)

22300

   

11785

11865

Nombre de parcelles

361

79

111

190

171

Superficie inventoriée (ha)

180,5

39,5

55,5

95

85,5

Taux de sondage (par zone)

1,62 %

0,34 %

1,61 %

0,81 %

0,72 %

Taux de sondage (par rapport à la zone inventoriée)

0,81 %

0,18 %

0,25 %

0,43 %

0,38 %

4.3         Essences inventoriées

Le sondage à 0,81 % d’une portion du massif de cette forêt  montre une importante diversité spécifique: environ 127 essences ont été inventoriées et réparties en 5 groupes en accord avec le regroupement qui a été fait lors de la compilation des données. La répartition des essences dans les différents groupes est la suivante (voir annexe 1 pour la liste des essences) :

  • groupe 1 : 20 des principales essences commerciales (Top 50);
  • groupe 2 : 22 autres essences Top 50;
  • groupe 3 : 08 essences de promotion;
  • groupe 4 : 01 essence spéciale;
  • groupe 5 : 75 essences de bourrage.

Pour des raisons essentiellement d’ordre économique (estimation des pertes économiques), la présentation des résultats sur le contenu de la forêt portera uniquement sur les essences des groupes 1 et 2, soit 42 essences actuellement commercialisables au Cameroun.

4.4         Dégâts d’exploitation

L’exploitation forestière opérée dans ce massif forestier a affecté la forêt de différentes manières :

  • l’abattage et la chute des arbres ont occasionné l’ouverture de la canopée ;
  • le débardage des grumes et leur stockage dans des parcs à bois ont laissé sur le sol des marques de pistes et des clairières ;
  • l’évacuation des billes de bois de la forêt a conduit à la mise en place d’un réseau routier important.

L’ensemble de l’activité a eu comme incidence le morcellement de ce massif au départ homogène, ainsi que des dégâts par endroit dans la végétation de la forêt. A partir des données recueillies à cet effet et annexées à ce rapport (annexe 2), il a été possible de ressortir l’importance de ces dégâts selon la nature des perturbations. Le tableau 4 montre l’étendue des différentes perturbations relevées, par km de layon au cours du sondage.

Tableau 4 : Importance des perturbations observées dans la zone exploitée.

Nature des perturbation

Etendue des dégâts sur les layons (m)

Surface correspondante (m²)

Longueur des layons zone exploitée (km)

Etendue par km de layon (m/km)

Etendue par ha (m²/ha)

% surface perturbée par ha

Routes

552

10040

47,5

12

120

1,05

Piste de débardage

947

18940

47,5

20

200

1,99

Trouées

425

8500

47,5

09

90

0,89

Parc à bois

50

1000

47,5

01

10

0,10

Total

1974

38480

47,5

42

420

4,05

On note environ 4 % de dégâts par ha, dus à l’ensemble des opérations d’exploitation dans la zone exploitée, ce qui semble rester dans les normes d’exploitation tolérable à ce jour. En effet, l’impact global de l’exploitation forestière sur le massif forestier est de nos jours estimé à près de 12,54 % de taux de destruction (CIRAD, 1993)[2], soit 1254 m² de surface détruite par ha. La constitution du réseau routier de vidange est supposée détruire environ 5 % (500 m²/ha) du couvert alors que les trouées ou clairières d’abattage représentent environ 7,5 % (750 m²/ha du couvert). Les chiffres relatifs aux dégâts occasionnés au cours des différentes opérations d’exploitation obtenus sont en deçà de ces statistiques sans doute dû au nombre réduit d’espèces (06 au total) d’essences ayant fait l’objet de coupe dans cette forêt.

Néanmoins, de toutes les perturbations identifiées dans le massif, les pistes de débardage ont été les plus fréquentes, suivies des routes et enfin des trouées.

Dans les parcelles inventoriées, l’ampleur des dégâts a varié selon la nature et le nombre des perturbations, la surface endommagée pouvant atteindre la moitié de la parcelle. En effet, entre 2 et 42 % de la superficie de la parcelle affectée portent les marques de perturbation (annexe 3).

4.5         Prélèvements effectués

Les prélèvements effectués dans le massif au cours de l’exploitation concernent les volumes de bois abattus sortis ou abandonnés en forêt. La coupe a concerné essentiellement les tiges des essences commerciales et porte sur les espèces comme le sapelli (Entandrophragma cylindricum), le tali (Erythrophleum ivorense), l’iroko (Milicia excelsa), le kossipo (Entandrophragma candollei), l’ayous (Triplochiton scleroxylon), l’assamela (Pericopsis elata), et le pao rosa (Swartzia fistuloides) dont les souches ont été dénombrées au cours du sondage. Les volumes prélevés, estimés par rapport aux zones réelles de prélèvement et à l’ensemble de la zone exploitée, sont consignés dans le tableau 5.

 Tableau 5 : Essences et volumes exploités

Essences

Effectif prélevé

Volume prélevé

Parcelles exploitées

Zone exploitée

Surface sondée

Effectif /ha

Volume /ha

Surf. expl. sondée

Effectif /ha

Volume /ha

Sapelli

39

492

39,5

1,00

12,46

74

0,52

6,04

Assamela

3

29

39,5

0,07

0,73

74

0,04

0,36

Kossipo

2

47

39,5

0,05

1,19

74

0,02

0,58

Tali

1

10

39,5

0,02

0,25

74

0,01

0,12

Iroko

1

10

39,5

0,02

0,25

74

0,01

0,12

Ayous

1

15

39,5

0,02

0,38

74

0,01

0,18

Pao rosa

1

5

39,5

0,02

0,13

74

0,01

0,06

Total

48

608

39,5

1,21

15,39

74

0,64

7,46

 Ce tableau présente deux cas de figures dans l’appréciation des prélèvements dans le massif. Les estimations de volume, relatives aux zones réellement touchées par l’activité (uniquement les parcelles touchées), présentent la situation réelle des prélèvements par unité de surface. Dans le deuxième cas, elles sont faites en tenant compte de toute la zone supposée exploitée.

Lorsqu’on considère l’ensemble des essences exploitées, les prélèvements à l’hectare dans l’ensemble de la zone exploitée sont faibles (0,64 pied pour un volume de 7,46 m3). Par endroit (dans les zones de prélèvement) les chiffres semblent doubler (1,21 pieds pour 15,39 m3 par ha).

Dans les deux cas, le nombre de pieds prélevés par unité de surface dans ce massif n’est pas proportionnel au volume indiqué puisque FORNI (1994)[3] rappelle des prélèvements de 0,35 pieds /ha dans le Cameroun oriental qui correspondraient à un volume de 5 m3. Cette estimation à l’effectif des prélèvements effectués donne uniquement une idée sur l’intensité de l’activité dans la forêt mais ne reflète pas l’importance des volumes de bois prélevés qui eux, sont fonction de la conformation des pieds d’arbres abattus.

4.6         Tables de peuplement

Les effectifs des 42 essences tous diamètres et par classe de diamètre sont présentés par zone d’affectation (zones non exploitée et exploitée). Dans la zone exploitée, les tables présentent deux situations: 

  • Une situation de non-prélèvement dans laquelle les arbres abattus sont pris en compte dans les calculs, avec pour avantage de ressortir les effets de l’exploitation sur le peuplement résiduel ;
  • Une situation de prélèvement dans laquelle les pieds abattus sont effectivement soustraits des effectifs pour analyser l’impact de ces prélèvements sur la densité des tiges exploitables.

4.6.1        Distribution des effectifs tous diamètres

La distribution des effectifs d’essences est relative à différentes zones définies selon qu’elles sont exploitées ou non dans le massif forestier, et sont présentées suivant différents scénarii (avec ou sans prélèvement), de façon à permettre une comparaison des dégâts dus à l’exploitation dans les différents secteurs.

Dans la zone inventoriée

Les effectifs à l’hectare des différentes essences dans la zone non encore exploitée sont logiquement supérieurs à ceux de la zone exploitée en situation de non-prélèvement, et reflètent la richesse initiale de ce massif en ressources ligneuses de valeur. Sur l’ensemble des 42 essences, on note une différence significative de 1,76 tiges/ha entre la zone non exploitée et celle exploitée. La faible densité des essences dans la zone exploitée en situation de non-prélèvement, peut se justifier par l’effet de l’exploitation industrielle sur les tiges résiduelles, surtout en ce qui concerne les essences exploitées. L’exploitation agit en effet sur le peuplement résiduel en détruisant, avec le passage des engins, la régénération et autres tiges de petit diamètre.

En situation de prélèvement, le tableau fait ressortir la diminution d’effectifs des tiges exploitables des principales essences exploitées. Les prélèvements effectués dans les classes de diamètre exploitables de ces espèces, ont contribué à baisser davantage la densité à l’hectare de certaines des essences.

La réduction des effectifs par unité de surface des essences exploitées varie entre 0,02 tiges/ha (cas l’iroko) à 0,96 tiges/ha dans le cas du sapelli. Elle est aussi non négligeable pour l’assamela (0,08 tiges/ha), le kossipo (0,05 tiges/ha), l’ayous et le tali (0,03 tiges/ha), comme l’indique le tableau 6.

Cette baisse est visible au niveau de la colonne (2) – (3) du tableau 6, surtout pour d’une part les essences exploitées (pour cause de prélèvement) et d’autre part pour les essences comme l’alep (Desbordesia glaucescens), l’emien (Alstonia boonei), l’eyong (Erybroma oblongum) et le fraké (Terminalia superba) qui auraient sans doute subi les méfaits de l’activité au niveau de leurs tiges de petit diamètre. Ceci s’observe mieux au niveau de la distribution des effectifs par classe de diamètre et dans les structures diamétriques qui en ressortent (tableau 6 et figure 4 et 5).

Tableau 6 : Distribution des effectifs tous diamètres des 42 essences commerciales inventoriées.

Essence

Zone non exploitée (1)

Zone exploitée sans prélèvement (2)

Zone exploitée avec prélèvement (3)

Diminution (1) – (2)

Diminution (2) – (3)

Tiges/ha

Total

Tiges/ha

Total

Tiges/ha

Total

(Tiges/ha)

(Tiges/ha)